Les femmes qui n'aiment pas les femmes

Publié le 7 Mai 2016

Les femmes qui n'aiment pas les femmes

C'est bien connu, les femmes sont des pestes avec les autres femmes.

Perfides, manipulatrices, sans pitié, nous ne manquons pas d'imagination lorsqu'il s'agit de pourrir une autre… Les femmes n'aiment pas les femmes.

Alors nous les critiquons. Nous critiquons leur tenue, lorsque la mini-jupe trop courte que porte l'une d'entre nous nous fait toutes passer pour des salopes. Dans une société où nous risquons toutes, à un moment où à un autre, de se faire traiter de « pute » ou de « salope », forcément, nous préférons devancer les insultes et insulter les autres, pour que la foudre, au moins cette fois, tombe à côté, et pas sur moi.

Alors mini-jupe ou pyjama, nous critiquons le style vestimentaire des autres femmes. Trop vulgaire, pas bien taillé, trop voyant, pas assez féminin, trop maquillée ou pas assez apprêtée, c'est toujours trop ou pas assez. Nous avons bien appris que nos corps sont naturellement moches, qu'il nous faut les améliorer : les tailler en V lorsqu'ils sont taillés en H, les tailler en X quand ils sont taillés en A, ma chérie, regarde-toi. Ne te contente jamais de ce que tu as. Ton corps est toujours améliorable, il ne sera jamais parfait, alors au boulot.

Comment peux-tu être satisfaite de ton propre corps ? Il y a forcément quelque chose que tu devrais perfectionner. Tu devrais être au régime. Ou tu devrais te muscler. Ou tu devrais avoir des jambes plus longues, des bras moins gros, tu devrais t'épiler le bas du dos. Le lavage de cerveau de la publicité a bien fonctionné, nous avons fini par croire que nos poils, nos odeurs, notre graisse, nos rides, notre cellulite sont des défauts à supprimer, lisser, aplanir, qu'il faut couper tout ce qui dépasse.

Tout ce qui est trop voyant, tout ce qui se remarque trop, tout ce qui prend trop de place.

Alors nous critiquons les corps des autres, comparant les cuisses de Machine et les seins de Chose, rivalisant avec les hommes dans l'évaluation de nos sœurs sur l'échelle de la bonassitude. Nous traitons certaines de thons et d'autres de bombes, forçant sur elles la même dictature de la beauté dont nous-même, nous souffrons. Nous commentons sans cesse le corps des autres femmes, que ce soit pour les casser ou pour les complimenter.

Sans être prétentieuses pour autant, oh non. Jamais nous ne dirions à une autre femme que nous nous trouvons nous-même jolie – quelle genre de femme faudrait-il être, pour avoir l'arrogance se trouver belle ? Quelle genre de femme imbue d'elle-même partirait du principe que son corps est OK, qu'elle peut en être fière, qu'elle n'a rien à y changer ?

Alors nous critiquons les « attention whores », celles qui « pètent plus haut que leur cul », celles qui « ne se prennent pas pour de la merde », parce que c'est tout de même abusé de penser qu'on vaut plus que de la merde, quand on est une femme. Nous critiquons toutes celles qui, à nos yeux, attirent trop l'attention. Nous ramenons nos sœurs dans les rangs des femmes qui se taisent et écoutent, des femmes qui souffrent en silence, des femmes qui n'osent pas. Nous devenons le frein de notre propre émancipation.

Nous critiquons leur humour ou leur intelligence, car, c'est bien connu, les femmes ne sont pas drôles. Les femmes sont faites pour rire au bon moment aux blagues des hommes… Ah, ces hommes, si drôles, si spirituels, hihi comme ils sont chous ces hommes autours desquels nous nous pressons, en quête d'attention. Car au collège, nous savions toutes qui était la fille la plus admirée et jalousée : c'était la copine du mec le plus populaire.

Alors nous critiquons et rabaissons souvent les autres femmes, car elles ne peuvent être que nos rivales dans la Chasse à l'Homme. Nous sommes tellement éduquées à penser que nous ne pouvons vivre qu'à travers le regard de l'homme que nous aimons, nous sommes tellement habituées à nous définir comme « la copine de », que l'homme de notre vie devient notre vie – et le perdre devient la fin du monde. Alors gare à celles qui s'approchent un peu trop du mâle attitré que nous avons réussi à harponner : casse-toi pétasse, c'est MON réhausseur d'estime de moi, MON améliorateur de popularité. Pas touche. Cet homme, grâce à qui je brille en société, grâce à qui j'ai l'impression de valoir quelque chose, est à MOI.

Qui a pris mon précieux? Je ne peux pas vivre sans mon précieux!!

Qui a pris mon précieux? Je ne peux pas vivre sans mon précieux!!

Alors quand les autres sont des rivales, par leur beauté, leur séduction, par l'effet qu'elles font sur les mecs, nous n'avons plus qu'une seule solution : pourrir leur réputation. Alors nous sous-entendons aux hommes qu'elles seraient des « coincées », ou alors des « salopes », ou qu'elles sont vulgaires, habillées comme des putes, ou trop moches, ou qu'elles pueraient de la chatte, ou qu'elles auraient de la cellulite, ou qu'elles auraient des fantasmes bizarres, ou qu'elles sont nulles au pieu. Nous décortiquons leur anatomie et leur sexualité, donnant des détails privés que nous jugeons honteux. Car souvent, pour attaquer une femme, nous nous attaquons à son corps, à son style ou à sa sexualité, appuyant là où nous-mêmes aurions mal…

Alors pour obtenir une place de choix parmi les mâles, pour montrer à quel point nous sommes une fille cool que les mecs aiment trop, nous rabaissons les autres femelles, expliquant aux hommes qu'elles ne sont que des cruches, des connes, des thons, des pétasses, des putes, des salopes – et que nous valons mieux qu'elles. Qu'est-ce que c'est nul, les femmes – nous n'avons pas d'insultes assez puissantes pour qualifier nos semblables. Nous avons tellement l'habitude de nous voir représentées de manière lamentable dans les films, les séries, les livres, les BD, que nous avons fini par le croire :

« J'aime pas les filles. C'est nul, les filles. »

Je suis une femme mieux que les autres, ohé les hommes, regardez-moi, regardez comme je suis cool. Nous avons bien appris qu'obtenir l'estime des hommes est indispensable… alors que se faire détester des autres femmes, c'est presque un compliment.

La souffrance qu'on rejette

Pourtant, ma sœur, tu as tort de me pourrir et de me détester. Parce que, tu sais, je connais ta souffrance.

Quand ton reflet te dégoûte, quand ton image te poursuit jusque dans les cabines d'essayage, les rétroviseurs, les vitrines des magasins, les vitres de voitures, les miroirs des toilettes. Quand tu ne peux pas t'empêcher de t'auto-surveiller, de te regarder en permanence, de scruter cet ensemble de « trop » et « pas assez » qu'est ton corps, quand tu ne peux pas t'empêcher d'analyser ton reflet, auquel tu es accro comme à une drogue destructrice.

Je vois ta souffrance quand tu m'expliques que ton cul est trop gros, tes jambes son trop petites, ta peau n'es pas assez lisse, que tes cuisses sont trop larges. Quand tu m'expliques, à moi, que tu SAIS que ton corps n'est pas conforme, comme si tu voulais t'excuser d'avance auprès de moi d'avoir cette immonde enveloppe corporelle… comme si tu voulais devancer les critiques que je pourrais te faire.

Je vois ta déception, chaque fois que tu es fascinée par une femme que tu juges belle. Je vois ta frustration, ton envie de l'admirer et de la détruire à la fois. Je vois ton manège, ma sœur, quand tu te compares aux femmes que tu juges plus jolie que toi, dont les physiques filiformes te rappellent en permanence que ton corps prend trop de place. Quand je t'entends dire « cette fille est tellement belle », je sais que sa perfection te brûle de l'intérieur et que tu bouillis de la honte de ne pas être comme elle. Je sais que remarquer la beauté d'une femme te ramène souvent à la laideur que tu penses avoir, à la place que tu penses occuper sur l'échelle de la bonassitude…

Je vois ta souffrance, quand tu dis aux femmes que tu trouves belle : « tu es carrément plus jolie que Machine ! ». Tu ne sais pas comment faire un compliment à une femme sans en rabaisser une autre en même temps.

Tu le dis à tes amies, d'ailleurs, souvent, oh chérie qu'est-ce que tu es jolie. Tu les ramènes à leur corps, encore, tu leur rappelles qu'elles seront toujours scrutées et observées, même par toi (surtout par toi). Même quand c'est pour faire un compliment. Comment pourrais-t-on complimenter une femme sur autre chose que son corps ou son style, d'ailleurs ? Tu ne sais pas.

Alors je vois quand tu souffres, ma sœur, dans des amitiés toxiques. Quand même tes amies sont tes rivales, quand tu te dis que les femmes, quand même, on ne peut pas leur faire confiance. Quand tes amitiés infectées de jalousie se terminent en drame, en trahison, en déchirement à chaque fois, je vois ta souffrance. Et pourtant, ma sœur, remarques-tu comment tu parles de tes propres amies ? Remarques-tu que tu n'hésites pas à les trahir toi-même, à la première occasion ? Remarques-tu les mots que tu utilises pour parler d'elles, lorsqu'elles ne sont pas là ?

Je vois aussi, ma sœur, quand tu te compares aux it-girls, aux blogueuses de mode, et je vois ton angoisse de n'être pas assez stylée, pas assez tirée à quatre épingles. Je te vois, quand la peur et la honte t'obligent à te regarder encore plus souvent dans le miroir, à t'auto-surveiller encore plus, à cause du potentiel rouge à lèvre sur les dents, de la raie du cul qui dépasse, de la robe qui se soulève, du bustier qui descend, du mascara qui coule, de l'odeur de ta transpiration, des poils sur les jambes, ou qui dépassent du bikini, des règles qui pourraient couler, des boutons sur ton visage.

Je te vois, ma sœur, quand tu t'empêches de t'asseoir pour ne pas froisser ta jupe, quand tu t'empêches de courir pour ne pas trébucher en talons, quand tu t'empêches de poser ton sac par terre parce qu'il ne faudrait pas le salir, quand tu t'empêches de danser de peur des auréoles sous les bras. Je te vois, quand tu t'obliges à avoir froid, jambes nues en plein hiver, avec une veste trop légère (mais qui a l'avantage de faire de ton corps en H un corps en X).

Je te vois, quand tu portes tous ces vêtements inconfortables, souvent conçus par des hommes qui n'en avaient rien à foutre de ton confort – qui voulaient surtout mettre en valeur tes formes. Quand tu t'empêche de manger parce que ton jean taille-haute appuie sur ton estomac. Je te vois, quand tu t'obliges toi-même à être un mannequin en plastique qui porte des vêtements stlylés – mais les mannequins en plastique, tu sais, ça ne bouge pas.

Corps idéal (un corps sans tête)

Corps idéal (un corps sans tête)

Alors je te vois, ma sœur, quand tu n'oses pas bouger, quand tu n'oses pas parler, quand la seule chose que tu t'autorises à faire, c'est être belle, et pas bouger.

Et je te vois, quand tu fais régime, quand tu t'affames, quand tu t'empêche de manger, quand tu t'empêche de nourrir ce corps tant détesté pour éviter qu'il ne prenne plus d'espace. Quand tu t'infliges la souffrance de la privation, quand, angoissée par ton immonde enveloppe corporelle, tu ne t'autorises pas à profiter des plaisirs de la vie.

Je te vois, quand tu souffres, entourée de toutes ces femmes que tu juges beaucoup plus belles ou plus sexy que toi. Je te vois, quand, le matin, tu te maquilles, non pas pour être plus jolie, mais surtout pour être moins moche.

"Correcteur" pour ta face. Parce que ton visage a besoin d'être corrigé.

"Correcteur" pour ta face. Parce que ton visage a besoin d'être corrigé.

Je vois ta douleur, quand ton homme te quitte ou te trompe pour une autre. Je sais que tu ne peux pas t'empêcher de penser à ce qu'on va dire de toi, que tu te demandes si les autres (tes amies, pourquoi pas) diront dans ton dos que tu n'arrives pas à tenir ton mec, que ça doit être parce que tu es trop moche, trop chiante, ou que tu ne gères pas au lit. Que c'est sûrement ta faute, si il est parti. T'as dû zappé de remplir ton rôle de pute, ou ton rôle de mannequin en plastique.

Alors tu dis que c'est l'autre la salope, la pute, la connasse qui t'a piqué ton mec. Parce que si ton homme t'a trompée ou quittée, tu te dis que c'est forcément la faute d'une autre femme.

Alors ma sœur, tu te compares aux actrices porno. Et je sais que tu souffres de la pression qu'elles te mettent en glorifiant des pratiques sexuelles dont tu n'as pas envie. Tu te compares à elles, tu te demandes… Est-ce que je suis assez bonasse ? Est-ce que je suis assez chaudasse ? Est-ce que je suis assez salope ? Est-ce que je parviens à satisfaire un homme au lit ?…

Parce que, ma sœur, je sens ta douleur quand n'importe quel Biba ou Marie-Claire t'apprend à faire mon boulot. Quand les magazines qu'on vend aux femmes t'expliquent que pour garder ton « chéri », il va falloir gérer niveau sexe, tu finis par te dire qu'il y aura toujours plus chaudasse que toi pour réussir à te piquer ton mec.

Parce que tu vois, ma sœur, je sais que tu te compares aux putes. Je sais que quand tu te retrouves face à des prostituées ou face à des photos d'escorte, tu compares tes cuisses, tes seins, tes jambes, ton ventre aux leurs. Je sais que tu te demandes si tu vaudrais autant qu'elles. Si tu serais dans la catégorie « pute de luxe », ou dans la catégorie « pute de trottoir ». Je sais que tu angoisses à l'idée de ne pas savoir quel prix tu vaux, exactement, sur l'échelle de la bonassitude.

Et je sais que t'as peur.

Alors, ma sœur, je sais que pour te consoler, tu te dis que toi, au moins, t'es pas une pute, une vraie, une qui se fait payer pour ça. Que t'es une fille respectable, toi. Et c'est déjà ça.

Plus pute que moi

Rassure-toi, ma sœur, même parmi les putes, nous nous battons pour savoir qui est la plus pute.

Les danseuses de cabaret t'expliquent qu'elles, au moins, ne sont pas des strip-teaseuses (car seules les putes se foutent à poil). Les strip-teaseuses t'expliquent qu'elles, au moins, ne sont pas des actrices pornos (car seules les putes baisent devant une caméra). Les actrices porno t'expliquent qu'elles, au moins, ne sont pas des cam-girls (car seules les putes s'enfoncent des godes en direct avec un client). Les cam-girls te disent qu'au moins, elles ne sont pas des escortes (car seules les putes baisent avec leurs clients). Et les escortes t'expliquent qu'elles, au moins, ne sont pas des putes de la rue (car seules les vraies putes font le trottoir).

Ne t'inquiète pas, ma sœur, la bataille « les putes c'est pas moi c'est les autres », elle continue même parmi les travailleuses du sexe.

La pute, c'est pas moi, la salope, c'est pas moi, la vulgaire, c'est pas moi. Sauf qu'à force de dire que les salopes, les putes, les vulgaires, c'est les autres, ben on se retrouve à se pourrir entre nous…

Alors, ma sœur, quand tu cherches une femme plus pute que toi, je sais très bien ce que tu es en train de faire : tu te cherches un paratonnerre. Tu cherches à ce que la foudre ne tombe pas sur toi. Tu cherches à te différencier, à montrer que t'es une femme qui se respecte, une femme qui a de l'honneur, que t'es pas une femme facile, que toi, au moins, tu n'utilise pas le sexe pour harponner les hommes, que toi, au moins, tu joues pas de ton corps…

… ce corps que, pourtant, tu passes ton temps à surveiller.

Alors, ma sœur, quand je te vois souffrir face à ton propre miroir, quand je te vois crier de douleur à cause de cette graisse qui ne part pas, quand je te vois en pleurs parce qu'un homme t'a trompé ou n'a pas voulu de toi, quand je te vois te justifier à tous prix de ne pas être une salope, mais sous-entendre que tu es quand même un super bon coup si ton mec reste avec toi, j'ai envie de te dire :

Tu sais, le mal dont tu souffres, c'est ta propre misogynie.

Trop ou pas assez

Car c'est derrière ta haine des autres femmes que se cache la haine de toi-même. Chaque corps féminin que tu commentes, complimentes, critiques, te ramène au tien.

Chaque femme que tu traites de pute ou de salope, te ramène à ta propre sexualité et à ta peur d'être une pute, ou une salope.

Chaque femme que tu trahis te ramène à la trahison des femmes qui t'entourent. Chaque fois que tu ne respectes pas la vie privée d'une autre, c'est ta propre vie privée que tu donnes l'autorisation d'exposer sur la voie publique. Ton manque d'estime pour tes paires est révélatrice du manque d'estime que tu as pour toi-même.

Chaque insulte que tu as pour tes sœurs te ramènes aux insultes que tu te cries dans ta tête… Et, ma sœur, dis-moi, pourquoi tant de haine envers ta propre personne ?

Alors, ma sœur, tu as tort de me pourrir et de me détester. Tu as tort de pourrir et de détester tes sœurs… Car elles connaissent ta souffrance.

Tu sais, quand les féministes parlent des inégalités homme-femme, il y a souvent une de nos sœurs pour leur dire :

« Attention. Il ne faudrait pas dégoûter les hommes, leur faire peur, les vexer. Il faut être gentille avec les hommes, faire de la pédagogie, sinon, nous allons nuire à notre cause. Sinon, les hommes ne voudront pas nous écouter ».

Et, tu vois, ce qu'elle veut dire, c'est :

« L'estime que les hommes ont pour nous est indispensable. L'estime des autres femmes, par contre, l'espoir que vous donnez aux autres femmes en osant vous rebeller… hé bien, ce n'est pas suffisant ».

Naomi Wolf, dans son livre « Le mythe de la beauté », parle ainsi des magazines féminins : tant que nous, femmes, nous trouverons nous-même intéressantes, tant que nous ne croirons pas en nos propres sœurs, tant que nous aurons aussi peu d'estime pour les autres femmes, les magazines féminins continueront d'avoir un contenu culpabilisant et centré sur le paraître.

Le sexisme aura triomphé jusque dans nos têtes.

Alors, ma sœur, tu sais, le mal dont tu souffres n'est pas si compliqué à soigner. Tu verras, lorsque tu arrêteras de critiquer les autres femmes, ça ira mieux. Lorsque tu auras de l'estime pour elles, ça ira mieux. Lorsque tu les trouveras drôles, intéressantes, spirituelles, sans te soucier de leur enveloppe corporelle, ça ira mieux. Le jour où tu arrêteras de penser que les femmes qui t'entourent sont toujours « trop » ou « pas assez », ça ira mieux.

Tu verras, ma sœur, ça t'aidera à assumer, toi-même, d'être « trop » ou « pas assez ». Ça t'aidera à t'en foutre et tu verras, ça ira mieux.

En apprenant à aimer et estimer les autres femmes pour autre chose que "parce qu'elle est trop belle", tu apprendras à t'aimer toi-même.

Pour aller plus loin:

- Mecs mariés: je plaide non-coupable - Sexactu

- Toutes des pétasses superficielles (sauf moi) - Sexactu

- Les filles qui n'aiment pas les filles - MadMoizelle

- L'impuissance comme idéal de beauté des femmes: introduction - Antisexisme

En anglais:

- Tearing down whe whorearchy from the inside (Belle Knox)

Rédigé par Decade

Publié dans #Misogynie, #Cheminement personnel

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Sophie 28/06/2017 23:57

Donc en gros, encore quelqu'un en train de prêcher que mêmes quand c'est une histoire de femmes, c'est forcément la faute des hommes, encore, responsables de tous nos maux, de nos mal êtres, de nos problèmes existentiels...

Non mais les féministes radicales, stop quoi ! Le vrai féminisme penche en faveur d'une égalité morale parfaite (en dépit de nos différence, car nous le sommes !), pas dans l'inversion d'un rapport de domination en notre faveur ! Aux haineuses, ravalez votre rancœur, il y a des femmes qui aiment des hommes, et des hommes qui ne correspondent pas aux stéréotypes patriarcaux que vous vous en faites, et ces derniers souffrent également des comportements que vous critiquez chez les imbéciles machistes/patriarcaux, foutre tout le monde dans le même panier.
Pas une personne innocente ne mérite de subir des propos ou des attitudes, des préjugés dégradants, à cause d'autres personnes coupables, qu'il s'agisse d'un homme ou d'une femme.

Decade 29/06/2017 10:49

Cet article a été écrit par une femme pour les femmes... en gros je ne vois pas ce que tu as pu lire qui dit que c'est la faute des hommes. Il s'agit au contraire de denoncer et remettre en question la misogynie chez les femmes.

CL 14/06/2016 20:51

très bel article , c'est ça qu il nous faut apprendre , la sororité et le krav maga !!

S.P. 10/05/2016 08:29

Bonjour Décade,

J'ai découvert ton blog et tes articles en début d'année via Sexactu. J'aime beaucoup ton point de vue, qui va au-delà des raisonnements binaires habituels. Que je sois d'accord ou non avec tes propos, d'ailleurs (ceci dit, je suis plus souvent d'accord que pas). Et il y a souvent matière à réfléchir et à échanger, mais je manque de temps. Je réagis donc très vite à cet article :

- Ce que tu dénonces, ici, se retrouve en fait dans toutes les couches de la Société. C'est le principes de "Diviser pour mieux régner" (jeunes / vieux ; Uber / Taxi ; Musulmans / Chrétiens / Juifs ; fonctionnaires / usagers... ). Tant que les gens n'auront pas compris que c'est dans le soutien à l'autre qu'on s'épanouit et qu'on devient efficace, la société n'avancera pas. (Pour moi, c'est une cause perdue, mais bon...)

- Depuis que je m'intéresse à la psychologie et au développement personnel, j'ai compris une chose essentielle : quand on a le temps d'observer l'Autre et de le juger, c'est toujours le signe d'un manque dans NOTRE vie. On ferait donc mieux de remplir la notre, avant de vouloir déstabiliser celle de l'Autre.

- J'ai trouvé cet article un peu fourre-tout (dans le sens où il aurait pu être divisé en deux, voire en trois), mais j'ai été content au moment où tu as dit "Car c'est derrière ta haine des autres femmes que se cache la haine de toi-même. [...] Et, ma sœur, dis-moi, pourquoi tant de haine envers ta propre personne ?". Content, parce que, encore une fois, je te trouve lucide. En revanche, je pense que tu ne vas pas assez loin dans le raisonnement. Parce que ton texte (comme beaucoup d'autres), transpire la colère. Et quand tu es en colère, la principale personne, en tout cas, la première personne à qui tu fais du mal, c'est toi-même. Même si tu t'en libère au passage, même si c'est une forme d'exutoire. Je pense donc, que tu devrais te traiter avec davantage de bienveillance, t'accorder plus de douceur, de tendresse... A toi, ainsi qu'à tes sœurs. On sent que tu essayes de faire preuve d'empathie, de compréhension. Mais dans le même temps, il y a encore beaucoup d'injonctions et de tournures de phrases lapidaires.

- Un bon moyen de changer de regard sur les autres : accepter l'idée que tout le monde souffre, chaque être humain a en lui des blessures sur lesquelles reposent sa construction personnelle. Tous, nous avons vécu des difficultés à notre échelle (une épreuve pour l'un.e, peut très bien être un parcours de santé pour l'autre). Et nous ne sommes pas tous égaux face à la douleur et face à la façon de la gérer. En tout cas, une personne en colère, est toujours une personne en souffrance et à la recherche de l’apaisement.

- Un dernier point et je m'arrête pour aujourd'hui. On est à l'image des personnes qu'on fréquente. Si nos ami.e.s sont des ayatollahs de la beauté, c'est que nous-mêmes sommes intransigeant.e.s sur ce point. Il convient donc, pour soulager notre propre niveau d’exigences, de fréquenter des personnes beaucoup moins radicales sur ce point. (ça vaut pour les compétences ou pour le jugement oral également) A titre personnel, je ne reconnais pas les femmes de mon entourage amical dans les comportements décrits dans cet article. C'est donc bien que d'autres profils et d'autres habitudes existent.

Prends bien soin de toi,
Dans l'attente de lire tes prochains textes, je te souhaite une belle semaine,
Un fidèle lecteur :)