Bienvenue dans ma tête

Ne pense pas que s'exprimer en porte-jarretelle soit moins valable qu'en costard

Ne pense pas que s'exprimer en porte-jarretelle soit moins valable qu'en costard

Quand j'ai écrit cette page, au début, j'ai écrit sur moi. J'ai expliqué comment j'allais écrire « en tant que ». Mais en fait, non, je crois que j'ai pas envie.

Alors tout ce que vous avez besoin de savoir, c'est ça.

Le sexe et moi, on n'a pas toujours été copains.

Le sexe, pourtant, c'est un peu l'histoire de ma vie. Parfois consenti, parfois pas. Parfois désiré, parfois pas. Parfois legal, parfois pas.

Tous ce sexe illégal, pas désiré ou pas consenti a toujours été à la limite, pas trop loin, pas spectaculaire. Ça aurait pas fait la une des journaux. C'était vicieux, pas facile à cerner. En fait, mes expériences sexuelles sont aussi banales que marginales, aussi uniques qu'universelles.

Le sexe a ses côtés sombres, ses recoins honteux, ses violences. Les victimes sont souvent réduites au silence. Leur témoignage met trop mal à l'aise. L'ombre du traumatisme plane… Comment réagir face à ça ?

Mais surtout, surtout, les victimes ne savent pas ou plus comment consentir. Les autres savent mieux. « C'est pas du viol » illes disent, alors que ça en était. « C'était du viol », illes disent, alors que ça en était pas. Ton droit de dire oui semble être soumis au contrôle d'autres à partir du premier jour où t'as pas pu dire non.

Pour tenter de m'y retrouver là-dedans, j'ai été obligée d'apprendre. Parce que vraiment, je savais pas. C'est quoi, le sexe ? C'est quoi, les violences sexuelles ? C'est quoi, le consentement éclairé ? Peut-on vraiment consentir quand on a été victime d'abus ? Ou quand on nous paie ? Ou quand on est unE enfantE ? Quand on est en couple ? Quand c'est un membre de ta famille ?

J'ai essayé de comprendre. Les fois où j'ai été abusée. Et surtout, les fois où c'est moi qui ai abusé. Parce que comprendre est un espoir de ne pas reproduire.

Et ces réflexions m'ont amenées sur des sujets bien plus vastes. Sexisme. Racisme. Âgisme. Classisme. Homophobie. Putophobie. Transphobie. Capitalisme. Spécisme. Islamophobie. Pas mal de trucs qui terminent en -isme ou en -phobie, en fait. Plus on est oppriméE, plus on est violable, semblerait-il. Alors j'aime pas la stigmatisation, les préjugés, parce que ça finit toujours mal. Et j'aime bien aller taper en plein dans les tabous parce que c'est là que ça se passe.

La perspective d'un sexe libre, sans rapports de pouvoir, où le consentement n'est pas parasité par des trucs en -isme et en -phobie. Le sexe libre de faire ou pas et des individuEs plus libres aussi, pourquoi pas.

Parce que le pire arrive, mais le meilleur aussi.

Parce que j'aime penser et que j'aime écrire. Parce qu'écrire m'aide à penser plus loin.

Parce qu'il y a encore tant à (dés)apprendre.

Bienvenue dans ma tête et c'est sympa d'être passéEs.

Decade

(si vous ne savez pas par où commencer, commencez par là)

(si vous voulez lire un texte un peu plus long que les autres, mais qui me tient vraiment à cœur, c'est là)

Rédigé par Decade

Publié dans #A propos

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