Sexe: j'arrive pas à dire non!

Publié le 25 Février 2016

Sexe: j'arrive pas à dire non!

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« Non c'est non », ça a l'air tout simple, dit comme ça. « Non », puis faut l'écouter, puis c'est tout.

Alors OK, « non c'est non », et il n'y a pas de discussion à avoir là-dessus : quelqu'unE qui n'écoute pas le « non » d'une autre personne est en train de commettre un abus.

Donc non, c'est non. Mais moi, ça me gêne un peu, qu'on parte du principe que ton « non » sera toujours clair, audible et déterminé.

Comme si, dans une société qui nous bombarde d'injonctions sur comment sexer, à quelle fréquence, dans quels cas on a le droit, avec quelLEs partenaires et sous quelles conditions, c'était toujours très simple, de dire « non ». Comme si, dans une société qui nous dit que, dans beaucoup de cas, on doit avoir une « bonne raison » de dire « non », ben on arrivait quand même à se sentir super légitime de le dire en toute occasion.

Comme si le « non », c'était toujours simple à envoyer à la tête de quelqu'unE. Comme si on n'avait jamais aucune raison de dire « oui » quand on pense « non ». Comme si le « non » te venait de manière hyper naturelle et instinctive, comme ça, sans problèmes. Comme si, dans ta tête, c'était toujours super clair, que t'hésitais jamais, que tu savais toujours très clairement ce que tu avais envie de répondre.

Et puis « non », justement, c'est une réponse. Pour pouvoir répondre quelque chose, déjà faudrait-il qu'une question ait été posée – sauf que c'est rarement le cas.

Les questions qu'on ne pose pas

Alors, comment apprendre à dire « non » ?

J'aurais tendance à dire : en commençant par laisser soi-même le choix à son/sa/ses partenaireS. En commençant par poser soi-même les questions.

Alors je vous entends déjà : « Ouais mais Decade t'es en train de blâmer les gens, tu leur demande de respecter le consentement de leurES partenaireS avant même de respecter le leur ».

Oui. Sauf que non. Apprendre à respecter les limites de quelqu'unE d'autre, apprendre à lui laisser le choix, c'est également lui indiquer que vous avez le choix, vous aussi. Et c'est plutôt une bonne nouvelle, en fait : même si on ne pourra jamais empêcher qui que ce soit de nous agresser si ille en a vraiment envie, même si on n'a aucune prise là-dessus et que ça peut être super flippant, il y a quelque chose qu'on peut contrôler. On peut apprendre à ne pas agresser, et à poser un terrain le moins propice possible à l'agression.

Lorsque vous embrassez/enlacez/caressez ou autre votre partenaire sans lui demander la permission, vous lui donnez implicitement l'autorisation de faire la même chose avec vous. Alors qu'au contraire, demander à quelqu'unE « Est-ce que je peux coucher avec toi », c'est lui envoyer le message que pour vous, le sexe, ça marche comme ça : on pose d'abord la question.

Et ça commence au moindre contact physique. « Est-ce que je peux t'embrasser ? » « Est-ce que je peux te serrer dans mes bras ? » « Est-ce que je peux te prendre la main ? ». Ça peut paraître ridicule, étant donné qu'on nous a appris toute notre vie que du BON sexe EXCITANT, c'est du sexe « spontané », du sexe où on n'est pas totalement sûrE que l'autre en a autant envie que nous. Comme si du bon sexe, c'était du sexe où le doute plane que peut-être, en fait, c'est un peu un viol sur les bords.

Poser la question, ce tue-l'amour

Alors autant détruire ce mythe directement : c'est archifaux. Vraiment. Soyons honnêtes : est-ce que c'est pas vachement mieux quand on SAIT que l'autre apprécie le bisou/câlin/autre qu'on lui fait ? Est-ce que c'est pas vachement plus cool quand on entend de la bouche de l'autre qu'ille apprécie ce contact physique ?

Est-ce que c'est pas même carrément super excitant quand quelqu'unE te dit clairement que ce que tu lui fais l'excite à mort ? Ou que ça l'amuse, ou que ça lui fait plaisir ? Que ellui aussi a super envie de faire ça, là, maintenant, ici, avec toi ?

Si. C'est vachement plus cool. D'ailleurs, les personnes adepte du « rape play », pratique consistant à faire semblant de violer/être violéE, sont souvent les plus à cheval sur le consentement. Parce qu'on ne peut pas apprécier de jouer à un jeu sans en avoir fixé les règles. Tricher, c'est pas sexy, en fait.

Donc si vous voulez qu'on vous pose la question avant tout contact physique (ce que je vous souhaite fortement de vouloir si vous avez du mal à dire non), commencez par poser vous-même la question. Personne ne va se vexer parce que vous lui demandez si ille est d'accord – être un peu surpris, à la limite. Vous ne faites qu'établir les règles du jeu.

En tant qu'escorte, avec mes clients, c'est ce que je fais : « est-ce que je peux te sucer ? » (par exemple). Parce que ça leur pose l'obligation morale de me demander avant de me lécher. Et c'est cool, vu qu'il y a des fois où je suis contente de pouvoir utiliser cette opportunité pour dire non.

Les réponses qu'on ne trouve pas

Parce que quand quelqu'unE vous pose la question, ça vous oblige à réfléchir à la réponse. Mais en fait… Est-ce que j'ai vraiment envie d'embrasser/de me faire embrasser par cette personne maintenant ? Et pourquoi j'en ai envie ?… Est-ce que c'est parce que j'ai envie de toucher les lèvres de l'autre avec mes lèvres, ou parce que je pense que « c'est comme ça qu'on fait quand on s'aime ou qu'on se désire, c'est comme ça qu'on fait pour se dire bonjour quand on est en couple, c'est comme ça qu'on fait avant de passer à d'autres pratiques sexuelles, c'est comme ça qu'on fait quand on est un homme/une femme, c'est comme ça qu'on fait quand on est unE professionnelLE qui fait un métier du sexe (coucou les collègues), c'est comme ça qu'on fait, c'est comme ça qu'il faut faire, c'est comme ça qu'on est censéE faire » ?

Nous sommes tellement bombardéEs d'injonctions ou de vérités toutes faites, que c'est pas toujours simple de savoir si on a envie d'embrasser quelqu'unE ou pas. Poser la question ne donne pas la réponse pour autant, mais cela a l'avantage de nous faire réfléchir.

Et donc, point important, la réponse peut aussi être « je ne sais pas ». Je ne sais pas si j'ai envie. Ça arrive, c'est pas grave, c'est même plutôt commun, si vous voulez mon avis. Comme il y a plein de fois où je suis en grande hésitation sur « est-ce que j'ai envie de fumer cette clope/ boire ce café / aller à cette soirée », ben ya plein de fois où je sais pas si j'ai envie de faire telle ou telle pratique sexuelle.

C'est pas nécessaire de trouver une réponse tranchée. C'est déjà pas mal courageux de parvenir à donner une réponse honnête, en fait – d'ailleurs félicitez-vous mentalement chaque fois que vous y parvenez, et remerciez votre partenaire pour son honnêteté lorsque c'est ellui qui y parvient… ben oui, répondre honnêtement, parfois, pour tout un tas de raisons, c'est dur. Et c'est pas mal de prendre cette difficulté en compte.

Le « oui » jamais acquis

Et puis, il y a un « non » qui est parfois super dur à poser. C'est celui qui vient en plein milieu. C'est celui ou d'abord tu voulais vraiment, que d'abord t'en avais envie.

Puis finalement non.

Ce « non » là, il est vraiment dur à dire, un peu comme quand il te reste plus que le K, le Q et le X au scrabble et que tu sais qu'ils pourraient te faire des points compte triple, mais que tu sais franchement pas à quel moment tu vas réussir à les placer.

C'est pour ça qu'il y a un truc important qu'il ne faut pas oublier de demander : « Est-ce que tu veux que je continue ? »

Parce que « non », c'est plus facile à répondre quand on vous pose la question. Et rassurez-vous, vraiment ça rendra pas le truc moins hot.

Au contraire, même. Parce que quand on vous répond « ouiIIIIIIIIIOH OUIIII à fond je veux que tu continues OUIVASYYY ! » ben c'est plutôt excitant en fait (du vécu, là).

Le menu ou à la carte

Le sexe, c'est pas nécessairement un menu Happy Meal avec burger-frites-carottes-dessert et jouet pour fille ou pour garçon intégré dedans. C'est pas nécessairement un menu gastro de grand restaurant avec entrée-2e entrée-plat-2e plat-3e plat-et puis les 12 desserts et mignardises. C'est pas nécessairement un menu budget du midi que tu manges sur le pouce, juste pour tuer ton appétit.

Le sexe (surtout hétéro) est tellement codifié, qu'on a tendance à penser qu'il faut toujours un début, un milieu et une fin.

Personnellement, quand je couche avec une fille, je trouve toujours trop drôle ce moment où, après un petit instant de flottement, on fait toutes les deux « bon… on arrête ? » « ouais bonne idée… » « tu veux un thé ? » « ouais, trop ! ».

Le sexe, ça peut être un menu – mais seulement si c'est ce qu'on souhaite. Parce que le « à la carte » donne l'opportunité de réfléchir à ce qu'on a vraiment envie de faire.

On peut vouloir coucher avec quelqu'unE mais sans l'embrasser. Ou lui faire un cunni mais c'est tout. Ou dormir à poil. Ou se frotter l'unE à l'autre toutE habilléE. Ou juste flirter, se chauffer mutuellement sans se toucher. Ou faire un quickie rapide en état de demi-sommeil. Ou une pénétration, mais pas longtemps (parce que sérieux, des fois, on a envie de juste quelques minutes). Ou tout ce que vous voulez, en fait, parce qu'il n'y a pas de règles pré-établies.

En fait, le sexe, c'est vous qui l'inventez. Alors vous avez le droit de dire « oui » ou « non » à absolument ce que vous voulez – et vous avez le droit de poser n'importe quelle question.

En fait, autorisez-vous à poser n'importe quelle question. Parce que vous donnez à votre partenaire l'autorisation implicite de faire pareil – et vous êtes en train d'établir un espace de non-jugement entre vous et votre partenaire, et les espaces de non-jugement sont peu propice aux agressions.

Parfois, on s'empêche de faire ce qu'on a vraiment envie de faire, parce qu'on a pas envie de se taper « la totale » avec le début, le milieu et la fin. Puis c'est dommage… parce que si ça se trouve votre partenaire a envie exactement de la même chose que vous – sauf que si vous ne posez jamais la question, vous ne le saurez jamais.

Ne pas se vexer

On fait souvent dire à ce « non » tout un tas de trucs. On lui fait dire « j'aime pas ça », ou « j'ai pas envie de toi », ou même « je t'aime pas, toi ». On lui fait prendre des sacrées proportions.

Alors que « non », ça veut juste dire « non, j'ai pas/plus envie de faire ça, là, maintenant ». C'est tout. Comme t'aurais pas envie de regarder une série, ou d'aller te balader, ou de refaire un tour de grand huit. Sérieux, le sexe, les contacts physiques, c'est jamais qu'une activité. Une parmi tant d'autres.

On peut aimer quelqu'unE, avoir envie de quelqu'unE, même désirer quelqu'unE à mort sans avoir envie de faire ÇA, là, maintenant tout de suite. Peut-être que si ce « non » est si difficile à poser, c'est parce qu'on a tendance à beaucoup trop l'interpréter. A lui prêter tout plein de sentiments qui n'ont rien à faire là.

Alors si quelqu'unE vous dit non, ça veut rien dire d'autre que « non ». Pas besoin de se vexer.

Et quand vous posez le vôtre, rappelez vous que vous avez le droit. En TOUTE occasion. Vraiment. Pas besoin de se justifier. En parler, par contre, si vous le souhaitez, pourquoi pas.

Ne pas s'en vouloir si on n'y arrive pas

Et puis voilà, il y a des fois comme ça. Il y a des fois où on n'arrive pas. On répond rien, ou même on répond « oui », parce que dire « non », c'est trop dur, ou c'est pas possible, ou trop intimidant.

Ça arrive régulièrement à plein de gens. C'est pas un crime, en fait, c'est même pas une erreur. C'est comme ça, c'est la vie, des fois on n'arrive pas à dire « non » pour raisons xy.

L'important, en fait, c'est surtout de savoir quelles sont ces raisons xy. Vous vous êtes sentiEs comment, au moment où vous n'êtes pas parvenuE à dire « non » ? Vous étiez honteuxSE, en colère, vous vous sentiez illégitime, vous aviez peur ?

Vous aviez l'impression d'avoir le choix entre ça ou pire ?

Et c'est quoi, « pire » ? Une longue discussion fatigante à vous justifier de ne pas avoir envie ? L'impression de ne pas être normalE ? L'impression de n'être pas assez amoureuxSE de votre partenaire, ou de n'avoir pas assez envie d'ellui ? La peur de le/la perdre ? L'impression de ne pas remplir votre part du contrat, d'être ingratE ? L'impression que c'était la suite logique de la soirée ? L'impression que c'est ce qu'un homme/une femme est censéE faire ? La peur de perdre de l'argent ou des clients ?

Ou alors, la peur d'être physiquement ou moralement agresséE ? La peur de vous sentir comme une merde ? Ou pire ?

Parce que voilà. Je suis sûre que vous avez touTEs vos bonnes raisons, en fait.

Se forcer, d'accord, mais au moins sachons pourquoi

Quand j'étais avec mon ex et que je me forçais à coucher avec lui, je le faisais « in the name of love », et après je me sentais super mal de ne pas parvenir à aimer ça.

Lorsque je suis avec un client qui ne me plaît pas, ou qui s'y prend mal, ou qui est super énervant, enfin bref, quand je me force à coucher avec un client qui ne me fait pas envie (comme hier soir, punaise qu'est-ce que c'est pénible d'avoir une langue entière dans la bouche pendant autant de temps – ce moment où dès le premier baiser t'es là « ok c'est parti pour un mauvais moment... »), je sais pourquoi je le fais : pour l'argent. Du coup, je suis tout à fait consciente que j'aime pas ça, et je m'autorise à ne pas aimer ça. Je sais que je me force à faire un truc que j'aime pas, que je fais semblant d'aimer quand même, et que l'expliquer à mon partenaire est plus chiant et fatigant que d'attendre simplement que ça se termine. Je sais que je le fais parce que je suis en train de m'acheter du temps – que j'utiliserai après pour faire plein de trucs que j'aime (comme écrire ce blog).

C'est mon petit arrangement avec le capitalisme, en quelques sortes. Voilà ma raison à moi de me forcer. Les vôtres, c'est quoi ?

Souvent, on se sent mal de ne pas savoir pourquoi on s'est sentiE obligéE de se forcer. Parce qu'on devrait aimer le sexe, parce que c'est beau, c'est cool le sexe, c'est bon pour la santé. Et puis parce qu'on aime pas penser que des fois, on s'est fait prendre dans la spirale des injonctions, on a sexé par obligation. Donc, même quand on n'a pas aimé, on se dit « mais si, j'ai aimé ». Puis on s'en veut parce qu'on a beau se répéter cette phrase plein de fois mentalement, on n'arrive pas à la faire sonner juste.

L'idée qu'on ait pu se forcer à sexer est souvent insupportable. MÉNON je me suis pas forcéE. J'ai aimé, je te jure, je te dis j'ai aimé c'est sûr.

Comme je l'ai écrit plus haut, on a des tas de raisons de se forcer, surtout dans la société culpabilisante, voire violente, dans laquelle on vit. J'ai mes raisons, vous avez les vôtres, à vous de décider si ce sont de bonnes ou de mauvaises raisons. Encore une fois, nous sommes pousséEs à dire « oui » à des tas de trucs que nous ne voulons pas faire. Pas besoin de s'auto-flageller, ou de se mentir à soi-même, si on n’arrive pas toujours à résister, à dire « non », à nager à contre courant – vous mentir à vous-même, en fait, vous enlève la liberté de choisir de se forcer ou non.

Il y a une différence entre "se sentir obligéE" et "se forcer consciemment". Admettre qu'on s'est forcéE, et essayer de comprendre pourquoi, peut nous aider à faire la différence entre les deux - et à pouvoir ensuite faire un vrai choix. Le sexe peut être une monnaie d'échange si c'est ce qu'on souhaite (c'est votre corps, personne n'a le droit de vous dire ce que vous êtes censéEs en faire), mais cela n'est en aucuns cas une obligation.

Alors si vous acceptez-simulez-mentez quand vous n'en avez pas envie, n'en rajoutez pas une couche en ayant honte de vous-même, s'il vous plaît, vraiment. Essayez simplement de savoir si c'est un choix.

« Non », ça commence avant le sexe

Si vous n'arrivez pas à dire « non » à des pratiques sexuelles, il y a des chances pour que vous n'arriviez pas à dire « non » également à des tas d'autres choses.

Alors entraînez-vous. Avec vos amiEs, avec votre famille, avec celleux que vous aimez et respectez. Entraînez-vous à écouter ce sentiment puissant de « NON je veux pas ça ! » que nous ressentons touTEs – mais que nous avons si souvent tendance à vouloir faire taire, au plus profond de nous-mêmes.

Nos sentiments sont légitimes. Nous avons simplement souvent perdu l'habitude de les écouter. Normal, c'est ce qu'on nous apprend depuis qu'on est gaminEs : pleure pas pour rien, ris pas pour rien, prend sur toi, c'est ça, devenir adulte.

Devenir adulte, à ce qu'il paraît, c'est apprendre à taire ce qui se passe au fond de nous.

Réapprendre à s'écouter, à légitimer nos sentiments, prend du temps. Alors, pas à pas, ne vous jugez pas, ça viendra. Doucement. Commencez par le niveau 1 et n'ayez pas honte si vous galérez quand même. C'est normal : il est probable que personne ne vous ait jamais appris à dire « non », ni vos parentEs, ni vos profs, ni vos patronNEs ni aucunE de celleux qui ont eu, ou ont encore, autorité sur vous - sans compter celleux d'entres vous qui sont, ou ont été confrontéEs à des personnes qui ont des comportements manipulateurs.

Entraînez-vous à donner un « non » neutre (comme aux harceleurs de rue, en fait). Un « non » qui ne veut rien dire d'autre que « non », mais qui est audible, définitif, sans discussion.

La personne en face de vous ne mourra pas parce que vous lui dites « non », ou parce que vous posez vos limites. Des gens auront mal, éventuellement, se vexeront, ne comprendront pas. Mais ce n'est pas votre faute : elleux non plus n'ont probablement jamais appris à gérer leurs émotions et subissent tout un tas d'injonctions. Alors ne vous sentez pas responsable de ce qui se passe au fond d'elleux – mais ne leur dites pas non plus qu'illes n'ont pas le droit de se sentir mal. Parce qu'illes ont le droit de ressentir ce qu'illes ressentent : illes n'ont juste pas le droit de vous abuser à cause de ça.

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Sur ce blog:

- Le consentement peut-il être libre?

- Des violences faites... aux femmes?

Témoignages:

- Sexe: ces femmes qui n'osent pas dire non (Psychologies)

- Elles couchent pour ne pas avoir à dire non (L'Obs, Rue 89)

- Faut-il se forcer à faire l'amour? (ELLE)

- Doit-on se forcer à faire l'amour? (Barbieturix)

(Je n'ai pas - encore - trouvé d'article de témoignages d'hommes se forçant, mais je suis preneuse - je sais que vous existez les gars mais que vous avez encore moins tendance à le dire... en farfouillant sur les forums on trouve pas mal de témoignages de mecs qui se forcent, mais je ne les ai pas mis en lien car les réponses sont souvent extrêmement violentes -TW viol: "fais lui mal pour qu'elle arrête", "estime-toi chanceux", "mais oui et moi je suis la reine d'Angleterre" et autres...)

Rédigé par Decade

Publié dans #Sexualité, #Consentement, #Articles les plus partagés

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Lokinazg 23/07/2017 14:57

C'est compliqué. Article assez long avec beaucoup de redites. Nous venons dans une société où les droits et la sécurité sont tellement élevé que je comprends la panique devant les robots sexuels.
Les hommes aussi auraient envie de pouvoir dire non à une femme et je peux dire que c'est foutrement compliqué parce qu'une femme qui a exposé son désir prend généralement très très mal un refus.
Dans un couple, c'est tout de suite les questions sur le désir, l'attractivité, le soupçon d'une maîtresse.
Parfois aussi, justement, le menu est tellement limité qu'il ne fait plus envie que l'âge et la maladie sont là. Que le conjoint a besoin de toute cela pour son propre équilibre et que même on simule parce qu'il faut que ce soit fait d'une certaine manière pour des raisons diverses mais que, nous, on n'y trouve plus son compte.
Au final, pris dans les conventions et les obligations, il faut demander l'autorisation pour tout et on dirait souvent que les désirs de tous les autres sont tellement plus prioritaires que les nôtres.

Alors non, ce n'est pas facile, ce n'est pas drôle et je crois aussi qu'il faut séparer les abuseurs des cas de relations consenties où chacun fait un effort pour le plaisir de l'autre parce que à force d'égocentrisme, hé bien, tout le monde sera malheureux parce qu'à force de ne regarder que soi, on finit tout simplement tout(e) seul(e).

Faire un effort, échanger quoi ...

I-Nebuleuse 02/04/2016 15:53

Merci pour cet article, il est vraiment super intéressant, et il va plus loin que l'habituel "Non c'est non, point final" (qui reste très important évidemment) !

audren 29/02/2016 23:57

Ah, et aussi, entièrement d'accord sur le fait que le sexe hétéro est quasiment scripté à l'avance. Dan Savage fait souvent remarquer qu'au moins les gays sont un peu obligés de se poser la question "what are you into?" (c'est quoi ton truc ?) et que ça aide à verbaliser le consentement (et à sortir des sentiers battus).

audren 29/02/2016 23:55

C'est amusant parce que l'article que je prévois de sortir cette semaine (si j'y arrive) est justement sur cette question du consentement. Avec un éclairage un petit peu différent -- ou en tout cas pas souvent entendu.
(spoiler alert) en particulier, je vais un peu dans le sens quand même que la verbalisation explicite du consentement n'est pas un turn on pour tout le monde. Et tu dis d'ailleurs dans l'intro que le "non" est parfois dur à dire -- je pense que le oui peut l'être tout autant, et que poser la question peut être encore plus paralysant. Mais alors comment on fait ? Je dis que la notion de consentement, s'agissant du sexe, n'est pas forcément l'outil le plus pertinent. Qu'il faut aller au-delà du consentement (suspense).

Decade 04/03/2016 00:30

Poste le ici quand tu as terminé l'article! :) je serais ravie de le lire
(si ça te va)

Rom1 29/02/2016 09:49

Je suis un mec et je peux témoigner que parfois, j'ai aussi envie de dire non - et je le fais.
Mais aussi parfois, je me force parce que je sais que sinon je peux blesser ma partenaire, entamer sa confiance en elle, la lancer dans une spirale de questions du genre "je ne suis plus désirable, il n'a plus envie de moi" car vu qu'un homme, ça a "toujours" envie, forcément... Et toute explication (je suis fatigué, je n'ai pas la tête à ça, je ne suis pas en forme et je n'ai pas envie d'être confronté à une perte d'érection - on en revient à une question de confiance en soi...) ne servira à rien, hélas. Un non est toujours perçu comme un rejet.

Jidia 09/03/2016 19:25

Un non est souvent perçu comme un rejet, mais pas toujours, par contre c'est du travail. Si la question est abordée et théorisée dans le couple hors relation sexuelle, ensuite il est plus simple d'être dans une situation de confiance, quand l'on repère que notre partenaire n'a pas l'air "dedans" lui demander si ille préfère qu'on arrête etc. Bien sur au début c'est légèrement vexant le non, mais petit à petit on s'y habitue et on est tellement mieux dans sa sexualité quand on sais que l'autre ne se force pas. Il arrive régulièrement que je n'ai pas envie et mon partenaire l'accepte, et parfois il arrive que j'ai envie mais pas mon partenaire et je l'accepte aussi. Et vivre une relation comme cela, fait que pour une fois mon envie fini toujours par revenir alors que dans mes relations précédentes le marchandage de "si on couche pas ensemble c'est que tu ne m'aimes pas" à toujours fini par me dégouter du sexe avec mon partenaire, et ça a parfois des conséquence aujourd'hui. Instaurer un dialogue autour de cette question n'est pas toujours facile mais ça vaut le coup, bien sur c'est plus facile quand il s'agit d'une nouvelle relation (enfin je trouve) mais pour ma part, si après discutions la vision du consentement de mon partenaire n'est pas satisfaisante et qu'elle n'évolue pas, je ne m'y risque plus car les conséquences à long termes je les connait. Mais promis c'est possible !